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– Une après-midi poétique au « Petit théâtre des Îles », par Jacqueline Assaël

Le 4 octobre dernier, une magnifique et riche rencontre de poésie et d’arts s’est déroulée dans le merveilleux Petit théâtre des Îles qui s’enorgueillit d’avoir lancé la carrière d’Élie Kakou, mais qui est suffisamment éclectique pour accueillir des chanteurs interprétant le répertoire de Moustaki, des auteurs revivifiant le souvenir de La Fontaine, ou des poètes s’interrogeant sur l’attachement à la terre et célébrant les vertus de la paix.

C’est ainsi qu’Élisabeth Meissirel, qui dirige ce lieu de culture très original, m’a accueillie pour présenter mon dernier ouvrage : L’écume des pierres et les aquarelles qui représentent les lieux évoqués dans le livre.

Photographie Marie-Flore Zannis

Le petit théâtre était plein pour cette après-midi généreuse en poésie qui a vu se succéder, après cette lecture préliminaire, un hommage posthume à Guy Feugier, qui a beaucoup œuvré dans sa vie pour le développement de la poésie à Marseille, puis une lecture intégrale et partagée de L’homme qui plantait des arbres de Giono, à l’initiative d’un des spectateurs assidus des programmations de ce théâtre. Tout s’est agencé dans une grande cohérence, au hasard des improvisations qui ont prolongé cette rencontre que les participants ne voulaient pas voir s’achever.

Photographie: Élisabeth Meissirel

Il est vrai que les émerveillements artistiques se sont eux aussi enchaînés, avec les compositions originales de la pianiste Michèle Nadal au piano et la danse poétique d’Élisabeth Meissirel elle-même interprétant avec une expressivité frappante les attitudes d’un cheval de Carrousel, dans un scintillement de masque fascinant.

En haut: Michèle Nadal au piano. Au-dessous: Élisabeth Meissirel dans la danse du Carrousel. Photographies Jacqueline Assaël

La formule du cocktail des îles est demeurée secrète, mais le breuvage a ponctué la soirée de la stimulation de ses saveurs exotiques.

Une première rencontre dans ce lieu pour les éditions Jas sauvages qui espèrent rééditer une telle initiative poétique pendant le Printemps des poètes, par exemple.

Cliquez ici, si vous souhaitez connaître la programmation du Petit théâtre des îles, avec son humour et toute sa gouaille 

– L’exposition « Aquarelles et poésie »: « Lieux de recueillement du protestantisme » dans la Bergerie du Musée du Désert, le jour de l’Assemblée annuelle

Après son passage à Orpierre, dans les Hautes-Alpes, cette exposition composée de douze aquarelles et d’autant de textes de Jacqueline Assaël sur des lieux de recueillement du protestantisme: l’Assemblée du Désert elle-même, les Abeillères, Pomeyrol, l’Église du Mazet-Saint Voy où les diaconesses pratiquent le culte, s’est retrouvée, le jour de l’Assemblée du Désert, dans la Bergerie du Musée, à Mialet.

C’est toujours un émerveillement de se retrouver dans la lumière filtrée des châtaigners, le jour de cette célébration annuelle.

Et ce fut un privilège immense d’être accueillie dans ce cadre prestigieux et émouvant du protestantisme.

Pour installer et présenter une telle exposition, il faut l’aide et la bonne volonté de toute une équipe. Yves peut poser, fier de lui, sur la photo. Il a installé tous les cadres avec une patience infinie, en les accrochant avec des fils de fer tortillés et du fil de pêche aux pitons vénérables des murs de pierre de la Bergerie. Gloire lui soit rendue!😌

Deux panneaux de signalisation annonçaient l’exposition, non loin des stands habituels de l’Assemblée, en face du Musée:

L’exposition s’est tenue tôt le matin et dans l’après-midi. La Bergerie était fermée au cours du déroulement du culte, respectant le recueillement en acte des participants. Mais à chaque phase d’ouverture, l’affluence a été nombreuse. Au cours de la journée, plusieurs centaines de personnes ont défilé entre les murs de l’antique bâtisse, pour des visites plus ou moins prolongées.

Gilbert a fait office de guide et de critique d’art, attirant l’attention des visiteurs sur la concordance et les échos entre textes et aquarelles. Il a noué des conversations nourries avec certains amateurs de peinture qui ont établi une sélection de leurs aquarelles préférées, en fonction du rendu de la lumière de ces foyers de spiritualité. Quant aux textes, ils ont permis à leurs lecteurs de communier avec la démarche poétique d’évocation de lieux de ressourcement de la foi.

Martine et Gilbert, puis Hélène et Yves se sont relayés à mes côtés pour recevoir les personnes intéressées et ils ont créé une ambiance amicale très chaleureuse.

Les visiteurs ont eu à cœur de conserver une trace de cette exposition à travers les livres qui leur étaient proposés, publiés chez Olivétan ou aux éditions Jas sauvages.

C’est un bonheur d’avoir entendu, en discutant avec certains visiteurs, que d’autres étaient prêts à s’inspirer de cette démarche artistique pour se lancer à leur tour dans ce type d’expression de la foi!

Merci à tous ceux qui ont donné vie à cette exposition: organisateurs et visiteurs, et avant tout au conservateur du Musée du Désert, Denis Carbonnier qui a favorisé temporairement la mutation de la Bergerie en galerie d’art!

– Une soirée poétique à Orpierre, dans les Hautes-Alpes, par Jacqueline Assaël

Le 16 juillet 2026, Jacques Chastel a installé les 12 panneaux de mon exposition: « Lieux de recueillement du protestantisme » et les douze textes correspondants, extraits de l’ouvrage: L’humble beauté de Dieu (éditions Olivétan) et Nouaison (éd. Jas sauvages), dans le temple d’Orpierre.

Le projet consistait à assurer une animation culturelle pour la soirée du 16 juillet et une attraction artistique supplémentaire, du 16 au 26 juillet, pour susciter encore davantage la fréquentation du temple d’Orpierre qui prépare la restauration de plusieurs de ses façades.

Des touristes espagnols visitant le village ont fait une incursion dans le temple et pris des photographies en avant-première. Puis le public, venu de plusieurs villages des Hautes-Alpes : Orpierre, Lagrand, Montbrand, Trescléoux, et aussi du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône, a très tôt investi l’édifice, curieux de découvrir les divers aspects des découvertes à faire et à partager : aquarelles, poésie, conférence, vernissage.

Tout était conçu dans un esprit de continuité. La conférence a porté sur la tradition poétique protestante qui a joué un rôle certain, au XVIème siècle dans la diffusion de la nouvelle religion réformée, avec la notoriété de ses grands auteurs de l’époque : Marot et Théodore de Bèze qui ont constitué le psautier protestant ; Marguerite de Navarre, sœur de François Ier et grand-mère d’Henri IV, acquise aux idées de la Réforme et elle-même écrivaine prolifique, qui a fait prospérer la carrière des artistes à la cour ; Guillaume du Bartas avec sa réécriture fleuve de la Genèse; Agrippa d’Aubigné, chantre des guerres de Religion, etc. Jacques Chastel, aux manettes, a fait défiler le diaporama.

Puis j’ai présenté les éditions Jas sauvages qui s’inscrivent dans cette tradition, avec l’édition de poètes actuels exprimant leur foi, de manière à chaque fois différente et personnelle : Michel Block et les poèmes de son recueil Périchorèse, les haïkus bibliques d’Étienne Pfender. Jacqueline Wosinski, habitante de la région a présenté rapidement son propre recueil: Sous l’arche d’eucalyptus, etc.

Dans le dernier temps de la soirée, j’ai présenté les trois ensembles distincts composant l’exposition: « Lieux de recueillement du protestantisme ». Près de la chaire, avaient été installées quatre aquarelles sur l’Assemblée du Désert, qui se réunit chaque année à Mialet, le premier dimanche de septembre, en souvenir des cultes clandestins célébrés lors des guerres de Religion, et se transfigure poétiquement, quelques semaines après, en Assemblée des colchiques. De part et d’autre de l’entrée du temple, deux autres groupes de peintures représentaient des visons des chapelles protestantes de Pomeyrol (près de Tarascon) et des Abeillères (au-dessus de Saint-Jean du Gard), ainsi que le fruit de méditations dans l’Église du Mazet-Saint-Voy, sur le plateau du Vivarais-Lignon, habité par sa communauté de diaconesses.

Un bel accueil qui se prolongera dans les jours qui viennent pour ceux qui découvriront l’exposition par eux-mêmes et avec les commentaires éclairés de Jacques Chastel.

Les éditions Jas sauvages reprennent la route, vers d’autres horizons, avec leur chargement de livres.

Photographies: Olivier Siegel et Jacqueline Assaël

– Galerie de photographies du 7eme Festival de poésie de la foi

Le groupe des Magnanimes à l’embarcadère du Vieux Port, quai de la Fraternité

Départ pour l’archipel du Frioul. Photographie: Yves Ughes

Carine, Laurence, Olivier, Danièle, Carine, Jacqueline et Annette. Dire des poèmes, face à la mer. Photographies: Olivier Siegel et Jacqueline Assaël
Photographie: Jacqueline Assaël

Un mois après notre promenade pour reconnaître le terrain, petit gabian est sorti de l’œuf et suit sa mère, avec plein de petits points sur la tête. Photographies Jacqueline Assaël
Exploration du fort de Brégantin
Photographie: Jacqueline Assaël
Présentation du recueil « Foi de fleurs » de Philippe Depierre, par l’auteur et son épouse Karine. Photographie: Jacqueline Assaël
Yves Ughes exposant sa réflexion spirituelle et littéraire sur les rapports entre Pascal, Baudelaire (et lui)
Jacqueline Assaël introduit Jean Alexandre
Jean Alexandre, nimbé de lumière, dit son parcours poétique, sous le titre: « La fêlure et le Dire ». Photographie: Jacqueline Assaël
Jacqueline Assaël présente son essai poétique « L’écume des pierres », avec l’accompagnement musical de Laurence Aune et l’accompagnement pictural d’une série de ses aquarelles portée par Carine Volpi

Vous proposez quelques mots, et au bout de quelques minutes, le poète public de grand talent vous offre un poème personnalisé qui le reflète, qui vous reflète et qui reflète des mots de la Bible.

Photographies: J. A.
Olivier Siegel. Photographie: Laurence Aune

– Choix de lectures pour le Frioul. Réunion préparatoire: compte rendu, par Jeanne Laplane et Marie-Fore Zannis, avec la participation de Danièle Hutter

1- Présentation du thème choisi par Jacqueline: « Divinement heureux les doux… ».

La fin de son dernier essai poétique, L’écume des pierres, médite, « sans s’éloigner de la réalité pour autant », sur la béatitude « Heureux les doux ».

2- Un constat: les autres auteurs des éditions Jas Sauvages ont aussi écrit des textes qui peuvent se rattacher à ce sujet.

3- Jacqueline a vu sa méditation sur cette béatitude éclairée par deux rapprochements avec des passages d’Ésaïe: 60,21 et Es. 65,9.

1– Textes déjà proposés: par Léonard Cohen sur la guerre; Melancolia de Victor Hugo; Soleil et chair, et Aube de Rimbaud; Le lion et le rat, Le chêne et le roseau, Le rat des villes et le rat des champs de La Fontaine; N’ayant plus de maison  d’Armen Lubin, Invictus de William Henley; une sélection dans les psaumes 102, 113 et 146.

2– Nous pouvons aussi écrire nous-mêmes des textes à partir de ce que nous évoque cette Béatitude.

Rappel par Jacqueline: la poésie est recherche et musique, pas obligatoirement avec des rimes.

Elle introduit des images, du concret, des couleurs, des sentiments, des émotions et elle est efficace s’il y a du dramatique et s’il se produit quelque chose, comme le dénouement d’un noeud.

Comme une lime à denture fine qui patiemment le bois affine, cherche les moments de cohésion.

Ecoute les voix apaisantes, conciliantes, reliant les humains divisés.

Ils trouveront alors dans leur vie la joie d’être unis.

Jeanne Laplane

Pissarro, La moisson

   « Heureux les doux (humbles), car ils hériteront la terre »

–        –   Mat 11,29 « Je suis humble et doux de cœur. » : une invitation au repos pour les cœurs fatigués.

–         –  Psaume 37,11 « Les humbles hériteront la terre, et trouveront leur joie dans l’abondance de paix. »

–        –    Nombre 12,3  « Moïse était un homme extrêmement humble, plus qu’aucun homme sur la terre. »

–         –  Galates 5,22 « La douceur figure parmi les fruits de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bienveillance (bonté)…. »

–         –    Colossiens 3,12  «  Revêtez vous donc, comme élus de Dieu, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. »

–        –    1 Pierre 3,4      « Mais que la personne intérieure soit cachée dans un esprit doux et paisible  »   :     La douceur comme qualité spirituelle  très précieuse devant Dieu

–       –   Philippiens  4,5  « Que votre douceur soit reconnue par tous les hommes. Le Seigneur est proche. » 

         La 3eme béatitude est la 3ème marche de l’échelle qui mène devant le trône de  Dieu .  Mais il y a une clé dévoilée pour y accéder.

« Heureux les doux », c’est-à-dire ceux qui  ne répondent pas à la violence mais qui l’attaquent à sa racine, dans le cœur. Ainsi ils hériteront de la terre.

Le doux ne désignent ni la faiblesse, ni la passivité mais la non-violence (force maitrisée), l’humilité de cœur (fruit de la grâce) et la confiance absolue en Dieu qui , le premier se révèle dans la douceur  (Mat.11,29). C’est le modèle parfait .

Jésus reprend et reformule les promesses de l’Ancien Testament pour décrire le profil des disciples  . Ps 37,11 « les humble –doux – hériteront la terre et jouiront d’une paix totale. »

Mais la question que l’on se pose est :  quelle est cette terre en héritage ?

Est-ce la Terre promise (héritage d’Israël promis à Abraham) ?  ou la terre entière (le règne universel) ?  ou la nouvelle terre, la Jérusalem céleste (Ap 21) ?

En fait hériter la Terre , c’est entrer dans le Royaume avec  toutes ses dimensions, présentes  et futures .

Être doux, c’est attendre avec patience et espérance, et les élus seront délivrés en son temps  sachant que  le temps de Dieu n’est pas le même que le nôtre .

Œufs de gabian, sur l’île de Ratonneau. Photographie: Jacqueline Assaël

Heureux les doux….

Les doux, quels doux ?

Vous en connaissez des doux, vous ?

Le ciel s’embrase,

Les anathèmes crépitent,

Partout les cris, la colère,

Les mères se désespèrent :

Leurs seins sont asséchés,

Leurs petits sont fauchés,

Elles attendent un monde meilleur,

Sans ruines, sans famine, sans horreur :

Un monde meilleur, de paix et de douceur.

Danièle

-Quelques vers de « Soleil et chair », d’Arthur Rimbaud