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-Quelques vers de « Soleil et chair », d’Arthur Rimbaud

– À la une du Forum protestant : La soirée « Esprit, qui es-tu? » dans la paroisse de l’Église protestante unie de Marseille sud-est

La soirée du 27 mars 2026 dans la paroisse de l’Église protestante unie de Marseille Sud-Est visait tirer les conclusions de la la Deuxième Rencontre Théo-Lettres qui s’était tenue en mai 2025 réunissant des théologiens et des universitaires des Facultés littéraires spécialistes de l’étude de la Bible, pour tenter d’apporter, dans le cadre de la pensée chrétienne, des éclairages sur la notion d’Esprit, fondamentale dans toute spiritualité humaine.

Il s’agissait aussi de présenter le volume des actes de cette Rencontre. Ce livre réunissant les contributions de six des participants y ayant participé (Jean Alexandre, Jacqueline Assaël, Benoît Benhamou, Christian Boudignon, Yves Parrend, Jonathan Thiessen) est en effet paru récemment aux Éditions Jas sauvages.

Trois conférenciers : le pasteur Raymond Dodré, Benoît Benhamou et Jacqueline Assaël se sont donc succédé pour présenter chacun leur lecture de deux des articles cités.


Le pasteur Raymond Dodré
Benoît Benhamou
Jacqueline Assaël

Le samedi de Pâques, le contenu de ces communications a été placé à la une du Forum Protestant, (cliquer ici pour lire l’article) signe de leur importance pour une réflexion sur la notion d’Esprit:

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage, au prix de 16€, auprès des éditions Jas sauvages.

Voir les conditions de vente, en cliquant ici.

Références de l’ouvrage:

ISBN :  978-2-493560-10-0

ISSN : 2677-6804 

– Exposition « Aquarelles et poésie : Lieux de recueillement du protestantisme », dans la Bergerie du Mas Soubeyran, à Mialet, par Jacqueline Assaël

Un samedi de Pâques, je suis venue explorer l’espace de la Bergerie du Mas Soubeyran, à Mialet, lieu où se dresse le Musée du Désert.

Le printemps battait son plein aux alentours: cerisiers sauvages en pèlerinage au sommet des collines, arbres de Judée en fleur, troupeaux dans de verts pâturages :

Avec le conservateur du Musée du Désert, Denis Carbonnier, nous avons préparé l’installation de l’exposition de mes aquarelles et poésies, qui se tiendra le premier dimanche de septembre, jour de l’Assemblée du Désert, dans la Bergerie du Mas Soubeyran.

Rendez-vous, donc, le 6 septembre, pour voir des représentations de lieux de recueillement du protestantisme et notamment, avec un regard en abîme, des aquarelles figurant l’Assemblée du Désert et aussi « l’Assemblée des Colchiques », glissement du printemps à l’automne en Cévennes.

Les textes exposés seront empruntés à divers de mes ouvrages:

  • L’humble beauté de Dieu. Prier aux Abeillères ou à Pomeyrol, éditions Olivétan.
  • Fêter le Dire, éditions Olivétan.
  • Nouaison, éditions Jas sauvages

– Le gala de l’Académie de Marseille, pour le Printemps des poètes, par Jacqueline Assaël

Le gala s’est déroulé dans l’Atelier d’artistes Sevin-Doering, lieu exquis pour la poésie.

Toute une équipe d’Académiciens de Marseille: la pianiste Evelina Pitti, le metteur en scène et chanteur Jean-Christophe Born, le poète Remo Mugnaioni, Marina Lafon-Borelli, Ioanna Mousikoudis et moi-même, nous sommes employés à faire vivre la poésie du sud, de Marseille, d’Italie et de Grèce, à travers un choix de poèmes. Les poètes de l’Académie, du XIXème siècle et d’aujourd’hui étaient bien représentés, mais il y a eu aussi au programme des œuvres de Séféris, prix Nobel de littérature, et de Yves Ughes. Voir le canevas ci-dessous.

Les lectures de poèmes ont été prolongées par des temps musicaux interprétés par Evenina Pitti, avec au programme des œuvres de Satie, Debussy, Liszt, Thurner…

Un splendide « O sole mio » chanté par Jean-Christophe Born a donné un surcroît de vigueur à la réception de l’œuvre d’Yves Ughes.

L’atelier Sevin-Doering: guirlande de lumières ou cordages de bateau? Photographie Olivier Siegel

Canevas de la soirée

Nous ouvrons ce gala, par un appel à la Muse, comme il se doit.

Nous confions ce soin essentiel à Joseph Autran, membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, puis de l’Académie française, poète et damaturge français du 19ème siècle, qui rattache sa propre voix d’auteur méditerranéen au répertoire inspiré par la Muse des Grecs.  Nous lirons donc un extrait de sa tragédie à l’antique : La fille d’Eschyle, avec son évocation du blanc éclatant du marbre, du bleu azuré de la mer, et de la lumière de la parole poétique.

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Deux poèmes de Yannis Ritsos, extraits de La sonate au clair de lune et autres poèmes (1956-1963) peuvent placer d’emblée le gala sous le signe de la thématique nationale du Printemps des poètes : « La liberté. Force vive, déployée »

Le premier texte définit le lieu théâtral, où nous nous situons nous aussi aujourd’hui, comme le creuset d’où jaillit l’expression spontanée du sentiment de la puissance d’être, partagé par les humains et la nature tout entière.

Le second esquisse la perspective d’une vie qui se déploie dans la beauté, à l’infini, malgré la pensée de la mort, incluse dans la condition humaine, mais poétiquement vaincue.

La liberté. Force vive, déployée. Les deux poèmes expriment le message fondamental et pérenne de la Grèce.

Lecture par Marina Lafon-Borelli.

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Les textes de cette première partie pourraient être lus par les auteurs, Remo Mugnaioni et Jacqueline Assaël et présentés au cours d’un dialogue entre eux.

Supposons le pont d’un navire où ils sont embarqués. Ils s’y rencontrent et parlent de leur perception de la mer.

Avant la lecture des extraits du recueil de Jacqueline AssaëlJanus et la méduse, écrit au tournant des années 2000 : dire au fil du dialogue qu’il s’agit en quelque sorte d’une tragédie poétique où la voix qui s’exprime se guérit dans le sable de la plage des Catalans, à Marseille, ainsi que dans la vision de l’île de Ratonneau et de l’Hôpital Caroline devenu le reflet du décor de la pièce d’Hélène d’Euripide. Vie et imaginaire culturel se mêlent dans la résolution du tragique.

Jacqueline Assaël et Jean-Christophe Born lisant les textes d’Yves Ughes. Photographie Inga Velitchko

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Poèmes de Remo Mugnaioni

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Remo et Jacqueline continuent à discuter poésie et évoquent les œuvres de leurs prédécesseurs, académiciens de Marseille.

Joseph Autran aime la mer et l’arrière-pays marseillais. Mais ce recueil privilégie la mer.

Lecture par Jean-Christophe Born

Marseille, décor du gala. Photographie Inga Velitchko

Eulalie Favier contemporaine de Joseph Autran. Admiratrice de Lamartine. Occupante du « 41èmefauteuil » de l’Académie.

Retient du romantisme un sentiment de faiblesse mêlé d’intensité.

Son imagination de la mer est assez morbide, sublimée par la foi.

Lecture par Remo Mugnaioni et Jacqueline Assaël 

Les deux poètes sont en relation avec Alphonse de Lamartine et admirent explicitement son œuvre. Cette partie s’achève donc par la lecture d’un de ses textes, flamboyant, repris en écho par la musique de l’artiste académicien Théodore Thurner, interprétée par Evelina Pitti.

Lecture par Jean-Christophe Born

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Toujours sur le pont du navire, la société poétique s’élargit à d’autres « invités ».

Remo évoque l’œuvre de Cesare Pavese qu’il a traduite.

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Yves Ughes, entendant évoquer un auteur italien, se joint à la conversation. Deux mots de présentation de son recueil et de deux de ses personnages majeurs : le père et la mère arrivés d’Italie, pour fuir la misère et trouver la liberté.

Force vive déployée. 

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3 poèmes de Trois poèmes secrets de Georges Séféris.

La lumière et la foudre de la nature.

Lecture en bilingue par Ioanna Mousikoudis et Jacqueline Assaël

L’équipe des Académiciens à l’œuvre dans ce gala. En fond d’écran, quelques vers de Séféris. Photographie Inga Velitchko

– Les éditions Jas sauvages à Gap pour le Printemps des poètes, par Jacqueline Assaël

Le jour du Printemps, le 21 mars, les éditions Jas sauvages sont parties dans la montagne, dans la paroisse de l’Église protestante unie de Gap.

L’auditoire d’une petite vingtaine de personnes a investi la salle Farel, attenante au temple. L’assistance était constituée non seulement de gapençais, mais aussi d’habitants de la vallée du Buëch amateurs de poésie.

Les lecteurs, Marie-José, Laurence, Petr, Olivier, Sabina, Patrick, et une autre Jacqueline, en plus de moi-même, se sont succédé pour lire des textes de divers auteurs des éditions Jas sauvages:

Olivier lisant « Il existe une faim »

Olivier lisant « Il existe une faim » de Gérard Scripiec a déclenché la première salve d’applaudissements; le public a aussi été amusé par l’humour de certains haïku bibliques d’Étienne Pfender. Le pasteur Petr Skubal avait du mal à imaginer Dieu dans un rocking chair, au septième jour, mais l’image a parlé; quand aux haïku sur les épreuves de Job, lus à deux voix par Laurence et moi-même, ils ont frappé le public par la force de leur confession de foi.

Duo sur des haïku

Jacqueline Wosinski a présenté la poésie de Jean Alexandre et la générosité littéraire et humaine de cet auteur avant de donner un aperçu de son propre livre, nouveauté des Éditions Jas sauvages, évoquant le génocide rwandais sous deux aspects à travers un recueil de poèmes et un essai plus théorique sur la question des blessures et de la résilience.

Jacqueline Wosinski lisant Jean Alexandre
Le Rwanda au cœur

Un bel échange, donc, où des lecteurs se sont mis au service des textes et où tout le monde a discuté de l’intérêt et de la spécificité de ces textes littéraire d’expression de la foi.

Patrick Hamard lisant « Sous une arche d’eucalyptus »

Il n’est pas impossible que cette soirée soit suivie d’autres rencontres dans le Buëch!

Mais le lendemain il neigeait dans la région et l’éditrice est vite rentrée dans le sud!

Remerciements à Olivier Siegel pour son reportage photographique!

– Soirée « poésie et foi » à Vence : quelques échos

par Jacqueline Assaël

Une sœur dominicaine illumine l’autel de La Chapelle Matisse. La soirée peut commencer!. Photographie: Jacqueline Assaël

Pris en relais par le pasteur Stefano Mercurio et le père Daniel Brehier,Yves Ughes s’est retrouvé au sein d’une équipe dynamique et efficace, avec le responsable des relations œcuméniques du diocèse, Jean-Marie André, également chef de chœur, une dizaine de choristes et presque autant de lecteurs de poèmes. Ces textes étaient extraits du répertoire de la littérature chrétienne, de saint François d’Assise et Clément Marot jusqu’aux auteurs des éditions Jas sauvages.

L’événement s’est déroulé dans la chapelle du rosaire, aussi appelée chapelle Matisse, car elle a été entièrement pensée et décorée par l’artiste. Le public s’est pressé nombreux, dans la chaleur spirituelle du petit édifice : des paroissiens catholiques, protestants de Grasse et de Vence, des poètes de divers courants de pensée, des invités italiens, une candidate à la mairie de Grasse intéressée par l’art. La poésie de la foi s’est ainsi largement offerte à la société. Il n’y avait plus une place libre dans la chapelle.

Vitrail de La Chapelle Matisse. Photographie Piero Leonardi

Les lectures et les chants se sont succédé. Les diverses œuvres ont égrené des mots pour dire le sentiment de la présence de Dieu ou le prix de la vie des autres, la peur de l’Enfer ou la reconnaissance pour la grâce. Rien de décoratif, mais tout pour suggérer le mystère de l’existence. Le public a frissonné à la prière de François Villon s’imaginant bientôt se balancer au bout d’une corde, les yeux becquetés par les oiseaux de proie : « Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! » ; Yves Ughes l’a lu en communiquant toute sa sensibilité ; avec Drelincourt, les auditeurs se sont vu représenter suggestivement le péché d’Adam ; ils ont frémi, même les luthériens, en entendant le Cantique des créaturesde Saint François d’Assise et sa louange prononcée en français, en italien par Piero Leonardi, et aussi avec la sacralité solennelle du latin : Laudes creaturarum. De même, le Canticorum Jubilo, de Haendel, dans cette langue ancienne, a sans doute déstabilisé les protestants habitués à leur historique À Toi la gloire !, mais les modulations chaloupées de la mélodie dans la nef de la chapelle ont emporté tout le monde, à travers d’automatiques traductions intérieures. Dans tous les cas, la poésie a réveillé l’imagination et les émotions au service de vibrations profondes, en quête de sens et de transcendance.

La chorale. Photographie Jacqueline Assaël

Les lecteurs ont eu à cœur de présenter les poèmes avec simplicité, sans artifice, mais en vivant le message. Ainsi, Maria Blasquez a porté le poème de Pablo Neruda sur « l’amitié éternelle » jusque dans les travées de la chapelle, et a irradié de ce sourire que Gandhi a célébré dans un autre des textes offerts. Nathalie Offredi a enchanté le public avec sa sélection de textes fraternels de Gérard Scripiec.

Des lecteurs. Photographie et montage Jacqueline Assaël

Quand j’ai eu l’honneur et le bonheur de dire quelques-uns de mes poèmes extraits de mon recueil Frère de silence, j’ai été frappée par l’attention du public, en face de moi. Les attitudes étaient caractéristiques : certains étaient un peu penchés en avant comme pour mieux cueillir les paroles et les assimiler en eux. Les visages étaient ouverts et pleins de sympathie. Pas l’ombre d’une indifférence. À l’issue de la manifestation, qui a duré une heure et quarante minutes sans aucune défection, un auditeur est venu partager avec moi les impressions produites sur lui par mes textes et nous avons échangé sur le passage biblique évoquant, selon l’expression à laquelle il tient, « le fin murmure du silence » et sur la situation d’Adam et Ève, juste au moment de leur création, avant la chute.

Une partie du public. Photographie Jacqueline Assaël

Pour tous les auteurs, de telles rencontres sont vitales, car les poèmes disent des confidences qui attendent des oreilles aiguisées pour les entendre. À l’issue de la soirée, le public a tardé à se disperser, chacun interrogeant l’autre sur ses préférences, et chacun est reparti, l’esprit enrichi par quelques mots d’élection qui lui ont particulièrement parlé.

La poésie de la foi a donc rayonné dans la cité et au plus profond de la conscience de chacun.

Le pasteur Stefano Mercurio et le père Daniel Brehier; Anne Sattonnet, femme politique amatrice de poésie; Jean-Marie André, chef de chœur. Photographie et montage: Jacqueline Assaël

Merci aux organisateurs de cet événement particulièrement réussi, particulièrement fort et précieux !

Yves Ughes, un organisateur heureux!. Photographie: Jacqueline Assaël