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RÉFORME

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Le Forum protestant

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Compte-rendu de la réunion du jeudi 7 mai de 16h30 à 18h30 à l’Espace Magnan, par Jeanne Laplane
Animatrice : Jacqueline Assaël – Participants: Danièle, Gérard, Jeanne, Marie-Flore.
I. Réflexion sur la Béatitude: « Heureux les doux, car ce sont eux qui hériteront la terre. »
1- Présentation du thème choisi par Jacqueline: « Divinement heureux les doux… ».
La fin de son dernier essai poétique, L’écume des pierres, médite, « sans s’éloigner de la réalité pour autant », sur la béatitude « Heureux les doux ».
2- Un constat: les autres auteurs des éditions Jas Sauvages ont aussi écrit des textes qui peuvent se rattacher à ce sujet.
3- Jacqueline a vu sa méditation sur cette béatitude éclairée par deux rapprochements avec des passages d’Ésaïe: 60,21 et Es. 65,9.
II. Constitution d’un répertoire de lectures poétiques qui nous rappellent ce thème, en vue de la journée au Frioul
1– Textes déjà proposés: par Léonard Cohen sur la guerre; Melancolia de Victor Hugo; Soleil et chair, et Aube de Rimbaud; Le lion et le rat, Le chêne et le roseau, Le rat des villes et le rat des champs de La Fontaine; N’ayant plus de maison d’Armen Lubin, Invictus de William Henley; une sélection dans les psaumes 102, 113 et 146.
2– Nous pouvons aussi écrire nous-mêmes des textes à partir de ce que nous évoque cette Béatitude.
Rappel par Jacqueline: la poésie est recherche et musique, pas obligatoirement avec des rimes.
Elle introduit des images, du concret, des couleurs, des sentiments, des émotions et elle est efficace s’il y a du dramatique et s’il se produit quelque chose, comme le dénouement d’un noeud.
Voici ma proposition de texte:
Comme une lime à denture fine qui patiemment le bois affine, cherche les moments de cohésion.
Ecoute les voix apaisantes, conciliantes, reliant les humains divisés.
Ils trouveront alors dans leur vie la joie d’être unis.
Jeanne Laplane

Choix de références bibliques en relation avec la Béatitude: « Heureux les doux… », par Marie-Flore Zannis
« Heureux les doux (humbles), car ils hériteront la terre »
– – Mat 11,29 « Je suis humble et doux de cœur. » : une invitation au repos pour les cœurs fatigués.
– – Psaume 37,11 « Les humbles hériteront la terre, et trouveront leur joie dans l’abondance de paix. »
– – Nombre 12,3 « Moïse était un homme extrêmement humble, plus qu’aucun homme sur la terre. »
– – Galates 5,22 « La douceur figure parmi les fruits de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bienveillance (bonté)…. »
– – Colossiens 3,12 « Revêtez vous donc, comme élus de Dieu, de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. »
– – 1 Pierre 3,4 « Mais que la personne intérieure soit cachée dans un esprit doux et paisible » : La douceur comme qualité spirituelle très précieuse devant Dieu
– – Philippiens 4,5 « Que votre douceur soit reconnue par tous les hommes. Le Seigneur est proche. »
Réflexion sur la 3ème béatitude – Matthieu 5,5, par Marie-Flore Zannis
La 3eme béatitude est la 3ème marche de l’échelle qui mène devant le trône de Dieu . Mais il y a une clé dévoilée pour y accéder.
« Heureux les doux », c’est-à-dire ceux qui ne répondent pas à la violence mais qui l’attaquent à sa racine, dans le cœur. Ainsi ils hériteront de la terre.
Le doux ne désignent ni la faiblesse, ni la passivité mais la non-violence (force maitrisée), l’humilité de cœur (fruit de la grâce) et la confiance absolue en Dieu qui , le premier se révèle dans la douceur (Mat.11,29). C’est le modèle parfait .
Jésus reprend et reformule les promesses de l’Ancien Testament pour décrire le profil des disciples . Ps 37,11 « les humble –doux – hériteront la terre et jouiront d’une paix totale. »
Mais la question que l’on se pose est : quelle est cette terre en héritage ?
Est-ce la Terre promise (héritage d’Israël promis à Abraham) ? ou la terre entière (le règne universel) ? ou la nouvelle terre, la Jérusalem céleste (Ap 21) ?
En fait hériter la Terre , c’est entrer dans le Royaume avec toutes ses dimensions, présentes et futures .
Être doux, c’est attendre avec patience et espérance, et les élus seront délivrés en son temps sachant que le temps de Dieu n’est pas le même que le nôtre .

Et un texte de Danièle Hutter!
Heureux les doux….
Les doux, quels doux ?
Vous en connaissez des doux, vous ?
Le ciel s’embrase,
Les anathèmes crépitent,
Partout les cris, la colère,
Les mères se désespèrent :
Leurs seins sont asséchés,
Leurs petits sont fauchés,
Elles attendent un monde meilleur,
Sans ruines, sans famine, sans horreur :
Un monde meilleur, de paix et de douceur.
Danièle

Voici quelques extraits d’un long poème écrit par Arthur Rimbaud, à l’âge de seize ans, le 29 avril 1870. Il contient toute la vision du monde d’un jeune homme, passant avec force de l’amour à la révolte politique ou à une réflexion sur l’infini. Il célèbre l’homme et honore les dieux païens, avec une belle culture mythologique. Ce poème sera lu dans son intégralité dans les îles du Frioul, lors du 7ème Festival de poésie de la foi!







La soirée du 27 mars 2026 dans la paroisse de l’Église protestante unie de Marseille Sud-Est visait tirer les conclusions de la la Deuxième Rencontre Théo-Lettres qui s’était tenue en mai 2025 réunissant des théologiens et des universitaires des Facultés littéraires spécialistes de l’étude de la Bible, pour tenter d’apporter, dans le cadre de la pensée chrétienne, des éclairages sur la notion d’Esprit, fondamentale dans toute spiritualité humaine.
Il s’agissait aussi de présenter le volume des actes de cette Rencontre. Ce livre réunissant les contributions de six des participants y ayant participé (Jean Alexandre, Jacqueline Assaël, Benoît Benhamou, Christian Boudignon, Yves Parrend, Jonathan Thiessen) est en effet paru récemment aux Éditions Jas sauvages.


Trois conférenciers : le pasteur Raymond Dodré, Benoît Benhamou et Jacqueline Assaël se sont donc succédé pour présenter chacun leur lecture de deux des articles cités.



Le samedi de Pâques, le contenu de ces communications a été placé à la une du Forum Protestant, (cliquer ici pour lire l’article) signe de leur importance pour une réflexion sur la notion d’Esprit:

Vous pouvez vous procurer l’ouvrage, au prix de 16€, auprès des éditions Jas sauvages.
Voir les conditions de vente, en cliquant ici.
Références de l’ouvrage:
ISBN : 978-2-493560-10-0
ISSN : 2677-6804
Un samedi de Pâques, je suis venue explorer l’espace de la Bergerie du Mas Soubeyran, à Mialet, lieu où se dresse le Musée du Désert.
Le printemps battait son plein aux alentours: cerisiers sauvages en pèlerinage au sommet des collines, arbres de Judée en fleur, troupeaux dans de verts pâturages :



Avec le conservateur du Musée du Désert, Denis Carbonnier, nous avons préparé l’installation de l’exposition de mes aquarelles et poésies, qui se tiendra le premier dimanche de septembre, jour de l’Assemblée du Désert, dans la Bergerie du Mas Soubeyran.



Rendez-vous, donc, le 6 septembre, pour voir des représentations de lieux de recueillement du protestantisme et notamment, avec un regard en abîme, des aquarelles figurant l’Assemblée du Désert et aussi « l’Assemblée des Colchiques », glissement du printemps à l’automne en Cévennes.
Les textes exposés seront empruntés à divers de mes ouvrages:


Le gala s’est déroulé dans l’Atelier d’artistes Sevin-Doering, lieu exquis pour la poésie.
Toute une équipe d’Académiciens de Marseille: la pianiste Evelina Pitti, le metteur en scène et chanteur Jean-Christophe Born, le poète Remo Mugnaioni, Marina Lafon-Borelli, Ioanna Mousikoudis et moi-même, nous sommes employés à faire vivre la poésie du sud, de Marseille, d’Italie et de Grèce, à travers un choix de poèmes. Les poètes de l’Académie, du XIXème siècle et d’aujourd’hui étaient bien représentés, mais il y a eu aussi au programme des œuvres de Séféris, prix Nobel de littérature, et de Yves Ughes. Voir le canevas ci-dessous.
Les lectures de poèmes ont été prolongées par des temps musicaux interprétés par Evenina Pitti, avec au programme des œuvres de Satie, Debussy, Liszt, Thurner…
Un splendide « O sole mio » chanté par Jean-Christophe Born a donné un surcroît de vigueur à la réception de l’œuvre d’Yves Ughes.

Canevas de la soirée
Nous ouvrons ce gala, par un appel à la Muse, comme il se doit.
Nous confions ce soin essentiel à Joseph Autran, membre de l’Académie des Sciences, Lettres et Arts de Marseille, puis de l’Académie française, poète et damaturge français du 19ème siècle, qui rattache sa propre voix d’auteur méditerranéen au répertoire inspiré par la Muse des Grecs. Nous lirons donc un extrait de sa tragédie à l’antique : La fille d’Eschyle, avec son évocation du blanc éclatant du marbre, du bleu azuré de la mer, et de la lumière de la parole poétique.
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Deux poèmes de Yannis Ritsos, extraits de La sonate au clair de lune et autres poèmes (1956-1963) peuvent placer d’emblée le gala sous le signe de la thématique nationale du Printemps des poètes : « La liberté. Force vive, déployée »
Le premier texte définit le lieu théâtral, où nous nous situons nous aussi aujourd’hui, comme le creuset d’où jaillit l’expression spontanée du sentiment de la puissance d’être, partagé par les humains et la nature tout entière.
Le second esquisse la perspective d’une vie qui se déploie dans la beauté, à l’infini, malgré la pensée de la mort, incluse dans la condition humaine, mais poétiquement vaincue.
La liberté. Force vive, déployée. Les deux poèmes expriment le message fondamental et pérenne de la Grèce.
Lecture par Marina Lafon-Borelli.
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Les textes de cette première partie pourraient être lus par les auteurs, Remo Mugnaioni et Jacqueline Assaël et présentés au cours d’un dialogue entre eux.
Supposons le pont d’un navire où ils sont embarqués. Ils s’y rencontrent et parlent de leur perception de la mer.
Avant la lecture des extraits du recueil de Jacqueline Assaël, Janus et la méduse, écrit au tournant des années 2000 : dire au fil du dialogue qu’il s’agit en quelque sorte d’une tragédie poétique où la voix qui s’exprime se guérit dans le sable de la plage des Catalans, à Marseille, ainsi que dans la vision de l’île de Ratonneau et de l’Hôpital Caroline devenu le reflet du décor de la pièce d’Hélène d’Euripide. Vie et imaginaire culturel se mêlent dans la résolution du tragique.

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Poèmes de Remo Mugnaioni
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Remo et Jacqueline continuent à discuter poésie et évoquent les œuvres de leurs prédécesseurs, académiciens de Marseille.
Joseph Autran aime la mer et l’arrière-pays marseillais. Mais ce recueil privilégie la mer.
Lecture par Jean-Christophe Born

Eulalie Favier contemporaine de Joseph Autran. Admiratrice de Lamartine. Occupante du « 41èmefauteuil » de l’Académie.
Retient du romantisme un sentiment de faiblesse mêlé d’intensité.
Son imagination de la mer est assez morbide, sublimée par la foi.
Lecture par Remo Mugnaioni et Jacqueline Assaël
Les deux poètes sont en relation avec Alphonse de Lamartine et admirent explicitement son œuvre. Cette partie s’achève donc par la lecture d’un de ses textes, flamboyant, repris en écho par la musique de l’artiste académicien Théodore Thurner, interprétée par Evelina Pitti.
Lecture par Jean-Christophe Born
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Toujours sur le pont du navire, la société poétique s’élargit à d’autres « invités ».
Remo évoque l’œuvre de Cesare Pavese qu’il a traduite.
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Yves Ughes, entendant évoquer un auteur italien, se joint à la conversation. Deux mots de présentation de son recueil et de deux de ses personnages majeurs : le père et la mère arrivés d’Italie, pour fuir la misère et trouver la liberté.
Force vive déployée.
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3 poèmes de Trois poèmes secrets de Georges Séféris.
La lumière et la foudre de la nature.
Lecture en bilingue par Ioanna Mousikoudis et Jacqueline Assaël

Le jour du Printemps, le 21 mars, les éditions Jas sauvages sont parties dans la montagne, dans la paroisse de l’Église protestante unie de Gap.

L’auditoire d’une petite vingtaine de personnes a investi la salle Farel, attenante au temple. L’assistance était constituée non seulement de gapençais, mais aussi d’habitants de la vallée du Buëch amateurs de poésie.

Les lecteurs, Marie-José, Laurence, Petr, Olivier, Sabina, Patrick, et une autre Jacqueline, en plus de moi-même, se sont succédé pour lire des textes de divers auteurs des éditions Jas sauvages:

Olivier lisant « Il existe une faim » de Gérard Scripiec a déclenché la première salve d’applaudissements; le public a aussi été amusé par l’humour de certains haïku bibliques d’Étienne Pfender. Le pasteur Petr Skubal avait du mal à imaginer Dieu dans un rocking chair, au septième jour, mais l’image a parlé; quand aux haïku sur les épreuves de Job, lus à deux voix par Laurence et moi-même, ils ont frappé le public par la force de leur confession de foi.




Jacqueline Wosinski a présenté la poésie de Jean Alexandre et la générosité littéraire et humaine de cet auteur avant de donner un aperçu de son propre livre, nouveauté des Éditions Jas sauvages, évoquant le génocide rwandais sous deux aspects à travers un recueil de poèmes et un essai plus théorique sur la question des blessures et de la résilience.


Un bel échange, donc, où des lecteurs se sont mis au service des textes et où tout le monde a discuté de l’intérêt et de la spécificité de ces textes littéraire d’expression de la foi.

Il n’est pas impossible que cette soirée soit suivie d’autres rencontres dans le Buëch!
Mais le lendemain il neigeait dans la région et l’éditrice est vite rentrée dans le sud!

Remerciements à Olivier Siegel pour son reportage photographique!
Ce sera bientôt le Printemps des poètes… Oui, mais qu’est-ce qu’un, ou une, poète? Voici la définition, poétique, de Sylvain Josserand, illustrée par une de ses peintures: La montée au ciel de l’âme.





