Ce vendredi 23 octobre, une soirée inédite s’est déroulée dans un petit village des Hautes Alpes, La Faurie, sur la route de Grenoble. Jacqueline Assaël et Yves Ughes se proposaient de nous faire partager leur amour de la poésie à travers deux thèmes particulièrement en accord avec le lieu. Il s’agissait de la traversée des Alpes et de l’attachement à la terre.
Or quoi de mieux comme choix de rencontre qu’une médiathèque récemment aménagée au sein d’une ancienne gare ferroviaire qui a vu passer un nombre incalculable de voyageurs depuis plus d’un siècle ?
L’invitation venait de Marie-Josée de Bonnault qui, récemment retraitée, continue d’animer des soirées littéraires à la médiathèque. Jacqueline avait fait sa connaissance à Gap lors du dernier printemps des poètes.
Une assistance non négligeable pour cette vallée des Alpes s’était déplacée, malgré la nuit et une température assez froide. Elle a été particulièrement intéressée par le récit de nos deux poètes.

Après quelques mots de bienvenue de Marie-Josée, Jacqueline a ouvert cette soirée en nous emportant du côté des collines de Tourves, un petit village Varois qui lui tient à cœur. Les auditeurs ont pu saisir d’autant plus les charmes de ce lieu que des aquarelles de l’autrice étaient exposées dans la salle. Ce support permit aux imaginations de se transporter dans ces terres pour y rejoindre un certain ermite gardien d’une chapelle dominant une colline, ou d’admirer les demeures de cette vallée du Bonheur qui a servi de prétexte à une réflexion sur la mesure à garder dans l’attachement à la terre, avant qu’il ne devienne source de préservation au prix du sang.
Par la suite, Yves Ughes, à travers le récit familial de ses origines transalpines, a su parler à l’émotion de l’auditoire. Le texte a été ensoleillé par sa lecture personnelle qui mettait en valeur le rythme des mots et leurs sonorités expressives, si bien que certains ont déclaré avoir ressenti le roulement des cailloux et des rochers, la sueur des fatigues et le froid de ces traversées et migrations hivernales.

Chacun des intervenants a été justement récompensé par de chaleureux applaudissements, et les questions qui suivirent ont prouvé l’intérêt qu’avaient suscité ces témoignages.
D’ailleurs, malgré l’heure tardive, au lieu de se précipiter sur la collation, les auditeurs se sont d’abord rassemblés autour du stand des éditions Jas Sauvages pour découvrir, feuilleter et acquérir des livres de leur catalogue. Cette petite réunion a été une nouvelle source de dialogues et de découvertes, les nourritures spirituelles prenant le pas sur le reste.



Quand il fut temps de se restaurer, les pizzas, quiches et tartelettes proposées par Laurence ont terminé la soirée par un moment de convivialité. Avant de partir, certains auditeurs ont manifesté leur satisfaction en déclarant spontanément qu’ils ne regrettaient pas de s’être déplacés et qu’ils reviendraient avec plaisir.
Il est question de réitérer une rencontre dans ce même lieu au printemps des poètes. Les intervenants, pourtant venus de loin, seraient d’accord pour refaire le voyage.

Une étape de plus pour les éditions Jas Sauvages, qui aura offert du bonheur à ce village.
(Sauf indication différente, le reportage photographique a été assuré par Olivier Siegel)
